Un métro(politain) nommé Ivresse
Si vous avez vu Requiem for a Dream, vous vous souvenez sûrement de l’ambiance glauque et oppressante présente tout le
long du film. La même atmosphère règne dans Last Exit to Brooklyn, et pour cause : son auteur, Hubert Selby Jr, est également l’auteur de Retour à Brooklyn, le livre qui a
inspiré le film.
Last Exit to Brooklyn est le premier roman d'H. Selby Junior. Il connaît dès sa sortie en 1964 un franc succès (2 millions d'exemplaires vendus) mais suscite aussi un evive polémique
(procès pour obscénité à la clef). Les mots sont en effet crus, la ponctuation est rare, la violence est omniprésente et les personnages ne sont pas franchement des enfants de coeur.
On croise tout à tour Georgette, un travesti, la prostituée Tralala, ou encore Harry (prénom
qui est présent dans la majorité des romans de Selby Jr, souvenez-vous du Harry Goldfarb de Requiem for a Dream) qui découvre sur le tard son homosexualité.
Violence, drogue, sexe et alcool peuplent la vie de ces personnages désœuvrés, et nous font voir Brooklyn sous son aspect le
moins reluisant. On est bien loin du rêve américain mais on ne peut s’empêcher de suivre le parcours chaotique des personnages, et se demander pourquoi ils en sont arrivés là.
L’alcool est surtout présenté comme une manière comme une autre d’échapper à la réalité et de tuer le temps (« Il [Harry]
prit place au bout du comptoir, avala deux ou trois verres et commença à se détendre. Il resta un moment à boire en attendant que sa tension s’apaise»), mais ses conséquences sont décrites sans
détour avec un langage brut et des détails crus.
Last Exit to Brooklyn est donc un livre coup de poing qui fait réfléchir sur les dégâts à court et long terme d’une
consommation démesurée d’alcool et de drogues.
F.A.
Par Des Livres et Vous
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